Hiver : pourquoi les chutes des seniors augmentent quand il fait froid (et comment les éviter)
- sashascheben
- il y a 1 jour
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L’hiver ne rend pas les seniors plus fragiles du jour au lendemain. Mais il modifie silencieusement l’environnement dans lequel ils vivent. Les journées raccourcissent, les sols deviennent humides, les corps se crispent sous le froid. On se lève un peu moins souple, on voit un peu moins bien, on anticipe davantage chaque déplacement. Et sans que l’on s’en rende vraiment compte, l’équilibre devient plus précaire.
C’est dans ce contexte que les chutes augmentent nettement chez les plus de 65 ans pendant les mois d’hiver. Non pas par manque de vigilance, mais parce que tout, autour, devient un peu moins lisible.
Le froid n’est pas le vrai danger
Contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas le froid en lui-même qui provoque les chutes. Ce sont ses conséquences.
En hiver, le corps met plus de temps à se “mettre en route”. Les muscles sont plus raides au lever, les articulations moins réactives, et les réflexes légèrement ralentis. Un geste banal, comme se lever rapidement ou descendre un escalier, demande alors plus d’attention qu’à la belle saison.
À cela s’ajoute la fatigue hivernale, souvent sous-estimée. Moins de lumière naturelle, moins d’activité extérieure, parfois un sommeil plus fragmenté : autant de facteurs qui influencent l’équilibre et la concentration.
Le verglas et l’extérieur : une vigilance accrue
L’hiver, le danger est souvent perçu à l’extérieur. Et à juste titre.
Un trottoir humide, une marche gelée devant la maison, une allée mal éclairée… Ces situations sont particulièrement risquées pour les seniors, même pour ceux qui se déplacent habituellement sans difficulté. Le simple fait de sortir les poubelles ou d’aller chercher le courrier peut devenir une source d’appréhension.

Mais ce que l’on oublie souvent, c’est que cette vigilance extérieure se prolonge à l’intérieur. On rentre avec des chaussures mouillées, on enlève son manteau en équilibre, on traverse un sol plus glissant que d’habitude. Le risque ne s’arrête pas à la porte.
À l’intérieur aussi, l’hiver change les repères
La majorité des chutes chez les seniors surviennent… à domicile. Et l’hiver accentue ce phénomène. Les tapis ressortent pour se protéger du froid, les radiateurs d’appoint apparaissent, les fils électriques longent les murs. On allume la lumière plus tard, parfois trop tard, et les contrastes deviennent moins nets.

La nuit, les déplacements sont plus fréquents : aller aux toilettes, ajuster le chauffage, boire un verre d’eau. Dans une maison insuffisamment éclairée ou avec des obstacles au sol, ces gestes simples deviennent des moments à risque.
L’hiver ne crée pas de nouveaux dangers, il rend simplement plus visibles ceux qui existaient déjà.
Prévenir les chutes sans transformer sa maison
Prévenir les chutes chez les seniors en hiver ne signifie pas médicaliser son logement. Il s’agit surtout de retrouver de la lisibilité et de la fluidité.
Un éclairage automatique dans les zones de passage, une lumière douce mais suffisante la nuit, des sols antidérapants et continus, des tapis fixés ou retirés, des appuis discrets là où le corps en a naturellement besoin… Ces ajustements simples réduisent fortement le risque de chute.
À l’extérieur, sécuriser l’entrée, ajouter une main courante, améliorer l’éclairage ou supprimer une marche trop haute permet de continuer à sortir sans crainte, même en période de gel.
Comme le résume souvent Raphaël, président du Groupe Ravel :
« Ce sont rarement les grands changements qui sécurisent un logement, mais l’attention portée aux gestes du quotidien. »
L’hiver, un révélateur plus qu’un problème
L’hiver a ceci de particulier qu’il agit comme un révélateur. Il met en lumière ce qui, le reste de l’année, passe inaperçu. Une maison bien adaptée permet de traverser cette saison sans peur, sans renoncer à son autonomie, et surtout sans attendre qu’un incident impose des décisions dans l’urgence.
Adapter son logement avant qu’une chute ne survienne, ce n’est pas anticiper le pire. C’est simplement choisir de continuer à vivre chez soi, sereinement, quelle que soit la saison.
FAQ – Chutes des seniors en hiver
Pourquoi les chutes sont-elles plus fréquentes chez les seniors en hiver ?
L’hiver modifie l’environnement et le rythme du corps : moins de lumière, sols humides ou glissants, muscles plus raides au froid. Ces facteurs combinés augmentent le risque de perte d’équilibre, même à domicile.
Les chutes ont-elles lieu surtout à l’extérieur à cause du verglas ?
Pas uniquement. Si l’extérieur est plus risqué en hiver, la majorité des chutes surviennent à l’intérieur du logement, notamment la nuit ou dans des zones mal éclairées.
Quels sont les endroits les plus à risque dans la maison en hiver ?
Les couloirs sombres, les escaliers, la salle de bain, les entrées avec sols humides et les pièces où des tapis ou fils électriques sont ajoutés temporairement.
Faut-il faire de gros travaux pour prévenir les chutes ?
Non. De simples ajustements suffisent souvent : améliorer l’éclairage, sécuriser les sols, ajouter des appuis discrets et dégager les zones de circulation.
L’hiver est-il un bon moment pour adapter son logement ?
Oui. L’hiver révèle souvent les fragilités du logement. Agir à ce moment-là permet de prévenir les accidents et d’aborder les autres saisons avec plus de sérénité.
Existe-t-il des aides pour sécuriser son logement ?
Oui. Des dispositifs comme MaPrimeAdapt peuvent financer une partie des travaux visant à sécuriser et adapter le logement des seniors.









